Compte rendu de la soirée débat : face à la crise, projets et valeurs pour en sortir...

lundi 31 janvier 2011
par  Pôle diocésain de solidarités

Vous pouvez débattre des quatre sous-thèmes et retrouver les questions posées sur le forum solidarités37 solidarites37.xooit.fr/index.php
Les intervenants

 Ci-dessous un relevé des différentes interventions et des questions ensuite posées :

L’entreprise et la solidarité par Jean CARRE :

Entreprise et solidarité : ces deux mots paraissent pour beaucoup d’entre nous antinomiques. Mais n’avons-nous pas des idées préconçues, figées ou anciennes sur ces concepts ? Il nous faut sans doute en permanence réajuster notre regard pour l’adapter à la réalité, du moins à celle vécue par nos interlocuteurs, afin de nous comprendre.
Prenons un exemple pour illustrer cette nécessité de changer de regard pour modifier notre rôle et nos actions :
il y a une dizaine d’années, la direction du Groupe qui m’employait, me confia une étude sur les compétences. Après quelques mois de travail, l’équipe d’une douzaine de personnes qui planche avec moi fait plusieurs propositions, dont celle de développer très fortement la formation interne sur le management. Nous sommes en effet persuadés que c’est la qualité des relations humaines qui fait la qualité de l’équipe, de l’entreprise. Il faudrait créer pour cela tout un réseau de centres de formation afin de répondre à l’attente des personnes qui souhaitent faire évoluer leurs compétences et faire ainsi progresser l’entreprise (laquelle comprend 70000 personnes). Coût : environ 7 à 8 millions d’€ par an.
Comment persuader la direction que cette dépense est nécessaire ?
En panne d’arguments, je consulte Sœur Christine Bernard, religieuse ignacienne, professeur de théologie à la Catho d’Angers et qui propose ses services de coach auprès des adhérents des EDC (Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens).
Elle me questionne : quel langage parle votre patron ? Celui de la bourse ! Eh bien il vous faut lui proposer votre projet dans cette langue !
Nous revoyons notre copie et au lieu de parler d’évolution des personnes et des métiers, développement humain, employabilité, nous abordons le sujet en affirmant d’entrée : la sous compétence coûte au Groupe 250 millions d’€ par an. Il a fallu bien sûr justifier, mais le message fut reçu cinq sur cinq !
En 2010 les CREF (Centre Régionaux Eiffage de Formation) ont accueilli 2800 jeunes managers qui ont reçu 40000 h de formation au management.

C’est la même démarche qu’il nous faut faire aujourd’hui pour l’emploi des personnes en difficulté : les jeunes sans formation, les seniors, la diversité, les handicapés, les personnes issues de l’immigration, etc.
Comment un patron, qui plus est d’une PME avec une vingtaine de salariés au plus (c’est-à-dire 70% des entreprises françaises) peut-il percevoir un langage où on lui parlerait de compassion et de générosité ? Il se bat chaque jour, 10 à 15 heures par jour pour maintenir ses résultats positifs – unique façon d’assurer la pérennité de son entreprise et de ses emplois. Dés qu’il voit des pertes, il sent l’eau monter et sait que personne ne viendra l’aider pour l’empêcher de couler.
Il convient donc d’adapter et de préciser notre discours, sur la société, l’entreprise et l’homme. Il nous faut pour cela affirmer :
- oui la dignité est première (art.1 de la déclaration universelle des droits de l’homme)
- oui, pour vivre dignement il convient que tout homme puisse avoir un emploi (ou des ressources), un logement, et lui proposer un avenir
- non la solidarité n’est pas affaire de générosité, de compassion, mais de lucidité
- non, elle n’est plus une option, réservée aux âmes charitables, mais bien une obligation
Comment en effet ne pas voir que le réchauffement de notre planète est bien l’affaire et la responsabilité de nous tous ? Comment de même croire que le réchauffement des banlieues, entre autre, n’est que le problème de quelques-uns : les politiques, les enseignants et qu’il ne concerne pas chaque citoyen ?

Revenons à notre propos : il nous faut donc parler à notre patron de PME dans son langage, lui affirmer - et prouver aux acteurs économiques - que la solidarité est tout à la fois urgente, incontournable, comme le sont les économies d’énergie, et rentable, pour son entreprise comme pour la société.

Prenons la aussi quelques exemples relatifs à l’évolution de notre regard :
- il y a trente ans, l’application des consignes de sécurité devint obligatoire : port des gants, du casque, des lunettes, du harnais, etc. Mais comment nos compagnons allaient-ils pouvoir travailler avec tout cet attirail ?
- il y a vingt ans arrivèrent dans les entreprises les normes qualité, avec ses certifications, ses contrôles de non-conformités, sa traçabilité, etc. Mais comment travailler avec toutes ces procédures ?
- il y a dix ans, ce fut le tour des économies d’énergie, des mesures des bruits et des poussières, les tris sélectifs, le recyclage des produits, etc. Mais comment rester rentable avec toutes ces contraintes ?
Car nous avions pris tout cela comme des contraintes qui se superposaient.
Avec le recul, nous devons pourtant constater que ces craintes sont devenues aujourd’hui des sources de valeurs ajoutées :
- il est rentable d’avoir moins d’accidents de travail, et donc des personnes plus disponibles et plus impliquées car mieux considérées
- il est profitable d’avoir un plus haut degré de qualité, et donc moins de clients mécontents et moins de rebus en fabrication
- il est intéressant économiquement de consommer moins d’énergie, moins de transport, de fabriquer moins de pollution et de déchets

Ce sont les évolutions et formations nécessitées par ces obligations qui ont permis de faire naître de nouvelles organisations génératrices de progrès et de gains.

Il en est de même aujourd’hui pour l’insertion : ce que les entreprises perçoivent aujourd’hui comme des contraintes seront demain sources de gains et donc utiles à la pérennité de l’entreprise :
- ainsi, il est bon pour l’entreprise d’accueillir des jeunes et de les former par alternance afin de forger les compétences nécessaires.
Le jeune en total échec scolaire, pris en alternance comme monteur de réseau électrique et devenu deux ans plus tard responsables de nos équipes de travaux en Irlande, était bien une perle ignorée.
- il est profitable pour l’entreprise d’aller chercher des talents issus de la diversité, car c’est de la pluralité que naît la créativité.
Comment ne pas penser à cet ancien pâtissier devenu excellent maçon, à ce footballeur professionnel devenu chef de service et créateur du département photovoltaïque
- il est intéressant de recruter aussi parmi les populations exclues – handicapés, immigrés - car ces personnes sont habituées à lutter contre l’adversité, elles savent s’adapter, prendre des risques, persévérer.
L’ingénieur informaticien et son chien guide sont de sacrés battants,
jamais malades, toujours disponibles, toujours à l’écoute !
- il est rentable de garder les seniors pour leur permettre de transmettre leurs expériences aux jeunes par le tutorat.
Personne n’aurait eu plus de patience et de ténacité que ce vieux chef d’atelier de câblage pour encadrer les jeunes apprentis et en faire de futurs techniciens de maintenance
- il est utile de s’intéresser à la lutte contre l’illettrisme dans le but de rendre possible une communication plus complète et plus efficace dans l’entreprise : meilleure compréhension des consignes de sécurité, polyvalence et autonomie accrues.
- il en est de même pour les achats responsables, la fracture numérique, l’accueil de stagiaires, le parrainage d’orientation, etc. etc.

Toutes ces actions illustrent que la solidarité n’est pas faite de gestes isolés, mais quelle est bel et bien un outil de création, une stratégie qu’il nous faut mettre en œuvre.

Ainsi, depuis quinze ans les CREPI (Clubs Régionaux d’Entreprises Partenaires de l’Insertion) se sont donné comme objectif de mettre ces démarches en pratique.
La spécificité des CREPI réside dans le fait que les adhérents de ces associations sont des entreprises classiques, de toutes tailles – dont des PME - qui s’essayent à construire ensemble une solidarité pratique, efficace, utile, et si possible économiquement acceptable.
Et ça marche… ! Puisqu’ aujourd’hui existent 15 clubs CREPI regroupant 600 entreprises et 35 salariés permanents. Environ 1000 personnes trouvent ou retrouvent grâce à eux le chemin de l’emploi chaque année.

Une goutte d’eau, certes, dans l’océan du chômage me direz-vous. Mais notre assemblée de ce soir n’a-t-elle pas entendu quelqu’un dire le rôle du sel dans la pâte ?

Il ne s’agit pas pour nous de transformer l’économie, il s’agit de nous permettre de modifier notre regard pour modifier notre rôle ; il ne s’agit pas de supprimer l’épreuve, la crise, mais de la traverser autrement ;
il s’agit enfin de permettre à chacun d’entre nous, quelque soit notre situation, de défendre et d’user, ensemble, de notre droit à l’avenir.

Promouvoir des fraternités sociales par Brigitte BECARD :

Introduction

 Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République, dans son rapport de 2010 : “nous avons mis en place une société non pas d’inclusion et de vivre ensemble mais d’exclusion et de mépris...Il faut placer le lien social, le vivre-ensemble au coeur de la réflexion nationale.. l’enjeu est de passer d’une déprime collective a une euphorie collective. Et pour cela le vrai moteur c’est la confiance”La croix 15 novembre)
 Après le pessimisme et le repli sur soi exprimé en 2008, selon le baromètre TNS Sofres des valeurs des français, les personnes interrogées semblent vouloir se remettre en mouvement pour créerdu lien dans un esprit collectif en 2010 “ si le pessimisme reste de mise, on sent une dynamique de changement qui est à l’oeuvre... une stragtégie d’adaptation professionnelle et personnelle qui n’est pas individualiste mais se fait en lien avec les autres (réseaux sociaux, du microlocal, des relations de voisinage..)” la Croix décembre 2010

Dans le contexte de crise économique que nous traversons, Benoit XVI a écrit l’encyclique “caritas in veritate”, soit “l’amour dans la vérité” dans laquelle, au chapitre 32, il insiste sur le danger de “l’accroissement systématique des inégalités entre les groupes sociaux à l’intérieur d’un même pays et entre les populations des différents pays, c’est à dire l’augmentation de la pauvreté au sens relatif, non seulement tend à saper la cohésion sociale et met ainsi en danger la démocratie, mais a aussi un impact négatif sur le plan économique à travers l’érosion progressive du “capital social” c’est-à dire de cet ensemble de relations de confiance, de fiabilité, de respect des règles, indispensables à toute coexistence civile” ( C.I.V.32 p 48)

Dans l’encyclique, Benoit XVI donne priorité à l’homme “ l’homme, la personne dans son intégrité est le premier capital à sauvegarder et valoriser” (25) En effet “c’est l’homme qui est l’auteur, le centre et la fin de toute la vie économico-sociale” (encyclique Gaudium et Spes 63)”


Des fraternités : laïque, républicaine, citoyenne, chrétienne
 
 Dans notre devise républicaine “ liberté, égalité, fraternité” les deux premiers sont des termes de droits, or le droit n’intervient pas dans la fraternité, il n’y a pas de loi obligeant à la fraternité, c’est plutôt de l’ordre d’un idéal, un désir...
En1789, les révolutionnaires voulaient, avec l’idée de fraternité, aller au-delà du juridique, ils visaient un lien affectif fort entre les citoyens...Le terme de fraternité n’a été ajouté qu’ après la révolution de 1848 à notre devise républicaine.
Cette fraternité est sûrement l’héritage du christianisme, en Europe , qui a répandu cette idée de fraternité qui remonte aux premiers chrétiens qui s’appelaient alors “frère ou soeur”.
Au sens premier, la fraternité exprime un lien de solidarité mutuelle, de confiance, de familiarité, d’entraide, d’amitié entre des personnes.. puis plus largement un lien social.
D’autres fraternités se sont développées, plutôt des associations dont les membres se considèrent comme frères (ex : franc-maçonnerie, “fraternities dans les pays anglo-saxons)

Fraternité sociale
 Ici je ne parle pas d’une fraternité identitaire réseau parallèlle hermétique caractérisée par une logique d’exclusion et de fermeture. Je parle d’une fraternité qui ne se reproduit pas mais qui s’incarne, qui se crée , humblement, pas à pas , ouverte sur l’altérité de l’autre dans lequel chaque personne trouvera sa place avec sa propore expérience, sa propre histoire.
 Une fraternité sociale fondée sur l’échange, sur le don gratuit, se construira peu à peu, dans le respect des différences, dans l’ouverture au monde
 “L’amour dans la vérité place l’homme devant l’étonnante expérience du don. La gratuité est présente dans sa vie sous de multiples formes qui souvent ne sont pas reconnues en raison d’une vision de l’existence purement productiviste et utilitariste. L’^etre humain est fait pour le don ; c’est le don qui exprime et réalise sa dimension de transcendance.” ( C.I.V 34 page 53))
et encore :
 “ Si le dévelopement économique, social et politique veut être authentiquement humain, il doit prendre en considération le principe de gratuité comme expression de fraternité”La société civile est le cadre le plus approprié pour une “économie de la gratuité et de la fraternité... (dans la vie économique , la réciprocité fraternelle doit être présente.”( C.I.V. 38 p. 61))

La fraternité est une démarche volontaire et active, qui demande de l’imagination, de la créativité, de l’attention, de la sollicitude,de la disponibilité, de l’écoute, de l’humilité , de la réciprocité avec le souci des plus faibles, des ignorés, des perdus, de ceux qui n’ont pas la parole.... Ce n’est pas quelque chose de facile, cela se construit.
Il faut poser des actes symboliques d’invitation, de rencontre
L’homme existe avant tout dans sa relation à l’autre,ce qui lui donne sa dignité. La " fraternité " permet de remettre la force des relations humaines au cœur d’un nouveau projet démocratique. La " fraternité " dont il faut porter le souffle en politique veut lutter contre l’évolution d’une société d’individus repliés sur eux-mêmes dans laquelle s’additionnent les solitudes, les indifférences, les égoïsmes, les intolérances, les nationalismes et les exclusions sous toutes leurs formes.
 
 Pour les chrétiens, la fraternité prend un autre sens :
 “Appelés à faire partie de la famille de Dieu en tant que fils”( C.I.V. p 126)
 Nos liens de fils avec le Père fait que nous avons des liens de frères avec les hommes. 
 “à l’image du Christ,se faire le compagnon de chacun dans sa vulnérabilité et ses fragilités et réintroduire de l’espérance dans le vivre-ensemble. Il en va de notre responsabilité personnelle : la vie passe par nous et il nous appartient de réveler à l’autre que Dieu le bénit”’ (Soeur de l’assomption)

“Quand ces liens sont rompus ou fragiles, la solitude s’installe et c’est “l’une des pauvretés les plus profondes que l’homme puisse expérimenter ” C.I.V. P 91)très souvent les autres formes de pauvreté naissent de l’isolement .
Solitude grande cause nationale cette année 2011 avec les Petits frères des pauvres et un collectif d’associations depuis plusieurs années en France.
“ Ce n’est pas en s’isolant que l’homme se valorise lui-même mais en se mettant en relation avec les autres et avec Dieu” (C.I.V.p 92)
 D es pistes concrètes ?
Pour trouver des solutions aux phénomènes auxquels nous somme confrontés, il n’y a
 pas 
 “l’intelligence puis l’amour : il y a l’amour riche d’intelligence et l’intelligence pleine d’amour”(C.I.V. 30 page 46)
 “La solidarité signifie avant tout se sentir tous responsables de tous, elle ne peut donc être déléguée seulement à l’Etat” 38 p. 61)




INITIATIVES PUBLIQUES

Deux exemples ( il en existe beaucoup d’autres) qui illustrent cette volonté des politiques de la ville de créer du lien, de soutenir la parentalité et d’ aider à la mixité sociale et intergénérationnelle.....


La Parentèle : Afin de faciliter les rencontres et les échanges entre parents et enfants, parents et adolescents, grands-parents et petits-enfants, parents et professionnels, la ville de Bordeaux a créé la Parentèle, un espace d’accueil gratuit et anonyme s’adressant à tous les publics, quelles que soient les tranches d’âge. Accueillir, écouter, orienter, informer : la Parentèle accompagne les familles en leur offrant la possibilité de se rencontrer et de développer des actions collectives tout en préservant la possibilité d’un accueil individuel à la demande des personnes.
 
Centre Social Municipal de Bergerac
Afin de rendre service aux jeunes mères du quartier qui connaissent des difficultés pour faire garder leurs enfants, de jeunes "mamies" assurent des permanences bénévoles au centre social municipal. En échange, les mamans s’engagent à rendre de menus services aux personnes agées. Un mode de garde d’enfants solidaire et créatif qui renforce le lien et la solidarité entre les habitants, et qui facilite les démarches d’insertion sociale et professionnelle des mères.

INITIATIVES ASSOCIATIVES
(Apriles, agence des pratiques et des initiatives locales, s’adresse à tous ceux qui veulent échanger, partager et concevoir des actions locales. Espace de dialogue favorisant l’échange et le débat, boîte à idées, d’information et de documentation : @priles est un lieu d’engagement entre tous ceux qui ont la volonté d’agir et de faire évoluer l’action sociale. www.apriles.net

En 2011 Colibris lance un vaste projet destiné à valoriser les initiatives pionnières qui, en Europe, constituent des modèles d’avenir dans tous les domaines (agriculture, énergie, économie et monnaies, habitat et urbanisme, éducation, gouvernance) et à favoriser leur essaimage par des citoyens, des entrepreneurs, des collectivités, partout en France.
Il s’agira d’engager sans attendre la mutation de notre société là où nous vivons.)
Des associations de quartier qui cherchent à répondre aux problèmes quotidiens des habitants : elles apportent beaucoup en terme de gouvernance de la vie collective en se situant au-delà des intérets et des conflits de la vie politique.
 
 Le projet de promotion familiale, sociale et culturelle dans le quartier « Fives » de Lille a pour objectif de créer une dynamique sociale permettant d’associer les familles les plus fragiles du quartier aux autres habitants, aux acteurs associatifs et aux professionnels de l’action sociale, éducative et culturelle en favorisant leur participation à la vie locale. Cette dynamique vace une méthode originale d’immersion dans la vie d’un quartier est mise en oeuvre par les membres du mouvement ATD Quart Monde qui intègrent les réseaux locaux, participent à la vie du quartier en vue d’y inscrire les familles les plus pauvres : préparation de fêtes de quartiers, participation à la vie de l’école (cantine scolaire, carnaval, sorties, jeux…). .
“L’olivier des sages” café social inauguré en janvier à Lyon pour des travailleurs immigrés agés qui vivent dans un complet isolement. Des bénévoles sont à leur écoute et les accompagnent dans leurs démarches. Certaine s femmes ne quittaient jamais leur domicile et ne pouvaient pratiquer le français...


Pour lutter contre l’isolement de personnes en situation d’illettrisme et leur permettre d’améliorer leur quotidien, le Réseau Lever l’encre propose sur le territoire d’Arlysère (Savoie)un accompagnement visant l’apprentissage de la langue française, la découverte culturelle et l’inscription dans un maillage social impliquant une grande diversité d’acteurs )
 
La fête des voisins, immeubles en fête : vaincre l’anonymat et la solitude, créer des liens de solidarité, de l’intégration, mixité sociale et intergénérationnelle, rendre acteurs pour des choses positives, gratuité, création de rapports différent

Jardins partagés : des personnes en difficulté cultivent des jardins mis à leur disposition avec des bénévoles maraichers : (+ contrats aidés : le projet porte l’insertion des personnes), aide passagère vers un emploi stable, sentiment de créer du beau et du bon, partage, liens sociaux( Villeneuve les salines la Croix 3 décembre)
 
SMS

Une initiative relatée sur le site du diocèse de Tours, l’opération Génération SMS : seuls mais sociables” fait écho à la Grande cause nationale 2011 : la lutte contre la solitude. Celle-ci est portée par la Société de Saint-Vincent-de-Paul et des associations partenaires, dont la JIC, avec pour slogan” pas de solitude dans une France fraternelle” : créer des journées espace de dialogue ,prendre connaissance des « bons plans antisolitude »...
 
Voisin-Age : les Petits Frères des Pauvres ont mis en place, dans plusieurs arrondissements de Paris, un projet de mise en contact de personnes agées avec leurs voisins/ les gens s’inscrivent en décrivant leurs centres d’intérêts. Les personnes ayant des affinités pourrot ainsi être mises en contact pour “créer des liens durables , plus amicaux et chaleureux que le simple lien aidant-aidé” La croix (2 décembre)

Papot’âge
Expérience menée dans les Deux-Sèvres sur l’ isolement des personnes âgées et reproduite à l’initiative de la MSA duLimousin.
Pour tisser et maintenir des liens afin d’aider à bien vieillir, favoriser les relations intergénérationnelless et la qualité de la vie, un réseau d’une quinzaine de bénévoles rend visite aux habitants qui se sentent isolés sur le Plateau des Millevaches (Corrèze))

Femmes en éveil à Joué les Tours au centre social du Morier organise des rencontres familiales et conviviales pour faire partager leur diverses cultures, permettre de lutter contre l’isolement et l’obscurantisme..( 02 47 67 03 36)
 
Pôle solidarité cathédrale qui met en place un accueil pour des familles d’étrangers ne parlant pas français, en lien avec ds bénévoles du SC. But : conversation, apprentissage du français, découverte mutuelle de cultures différentes, changement de ragard...faire des choses ensemble, laisser la porte ouverte vers d’autres.. communauté vivante, en mouvement

Démarche Animation Partage du SC :groupes de personnes en difficulté qui créent des liens avec d’autres groupes constitués dans un autre pays : liens locaux entre ces groupes et liens avec les autres groupes. : découverte d’une autre culture,, changement de regard, sujets de réflexion commune (parentalité, vieillesse, comment s’exprime l a solidarité chez vous ?), liens d’amitié, échanges physiques...loin de l’aide uniquement matérielle.. apprentissage mutuel, gratuité dans l’échange, confiance

Le Voyage de l’Espérance (SC, voyage qui se prépare plusieurs semaines à l’avance avec les participants et qui permet à des gens de vivre ensemble plusieurs jours hors du temps et de leurs difficultés)est un moyen de mettre en route une démarche de fraternité. C’est l’exemple même d’une mixité sociale, générationnelle, interculturelle, inter-religieuse. Les personnes qui engagent cette démarche vont être amenées à bouger leurs certitudes, à se déplacer physiquement, intellectuellement, culturellement...
Quand les « forts » prennent conscience grâce à des personnes fragiles de leurs propres fragilités, cela leur permet de faire tomber les murs construits entre les personnes dans leur vie professionnelle ou dans leur vie de famille. Comment étendre la fraternité qui se vit dans un tel voyage à d’autres lieux et d’autres moments ?

Tables ouvertes : Repas et temps de rencontre fraternellle, souvent mis en place dans les paroisses.
Dans l’Evangile, la symbolique du repas manifeste que le Royaume de Dieu est largement ouvert : Jésus partage le repas d’hommes de toutes conditions.

L’Eglise s’engage cette année dans une démarche Diaconia pour faire revivre l’accueil et le partage à“ la table où chacun a sa place”.
Nous chrétiens, nous sommes donc poussés à nous engager “au service” de nos frères, et en particulier les plus fragiles.


Conclusion : espérance

“Le développement de l’homme et de tous les hommes a besoin de chrétiens qui ont les mains tendues vers Dieu dans un geste de prière, conscients du fait que l’amour riche de vérité, d’où procède l’autenthique développement n’est pas produit par nous mais nous est donné.”
L’espérance chrétienne est une puissante ressource au service du développement humain intégral recherché dans la liberté et dans la justice
Nous sommes sur un chemin d’espérance au cours duquel des fraternités sociales sont à construire pour améliorer la condition des hommes.

Trouver de nouvelles gouvernances par Pierre LOUAULT : à suivre

Placer le développement dans une visée éthique par Bernard LECLERCQ

Le développement dans les décennies à venir va être profondément confronté à la crise environnementale, qui ne se réduit pas au seul changement climatique. En effet, l’humanité va de plus en plus s’affronter aux limites : celle des énergies fossiles, bien sûr, mais surtout celle des autres ressources indispensables à la vie, comme les matières premières alimentaires, les métaux, l’espace terrestre. Nous allons donc être contraints de trouver de nombreux consensus pour réussir cette adaptation dans le calme et la sérénité, faute de quoi l’humanité s’expose à de graves conflits intra- ou extra-nationaux. Quels comportements modifier ou adopter face à ces profonds changements qui s’annoncent pour les générations qui vont nous succéder ? L’éthique (on disait autrefois la morale) est cette partie de la philosophie qui s’intéresse aux comportements humains, pour estimer ce qui est bon et ce qui est mauvais.

BASES de l’ETHIQUE
  L’éthique est étroitement dépendante de notre conception de l’homme, de notre conception de la Nature et des relations qui les unissent. Or il existe, particulièrement aujourd’hui, des conceptions multiples et divergentes de la conception de l’homme. Le marxisme le voyait surtout comme travailleur. L’économie dominante actuelle le conçoit comme un consommateur, voire une variable d’ajustement des prix de revient. Certains mouvements écologistes extrémistes voient en l’homme une espèce animale « invasive » (envahissante) et néfaste pour la planète. Certains préconisent l’arrêt de la reproduction humaine en refusant d’avoir des enfants. Aux USA en 1991 est né le Volountary Human Extinction Movement militant pour l’extinction de l’espèce humaine. En 2007, dans un interview au journal Le Pèlerin, Yves Paccalet (successeur du commandant Cousteau) disait « La disparition de l’homme, au fond, serait une bonne chose ». En 2009 le FUNAP (Fonds des Nations Unies pour la population) affirmait « Il faut réduire la natalité pour sauver la planète du péril climatique » ; supposant que la crise environnementale se réduit à la crise climatique, ce qui est particulièrement faux.

  Quant à la conception de la Nature (notre planète), soit on en fait un absolu, une nouvelle divinité, supérieure à l’homme, soit, au contraire un objet que l’homme peut la piller à sa convenance. Ces deux attitudes sont critiquées par Benoît XVI dans sa dernière encyclique. L’homme doit gérer la Nature comme un jardinier veille sur le jardin qui lui a été confié.

BREF RESUME de l’ETHIQUE CHRETIENNE

- La morale « naturelle ». Il existe un fond commun à beaucoup de cultures indépendantes souvent les unes des autres qui affirme « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse » ou, plus positivement, « Fais à autrui ce que tu voudrais qu’on te fasse ». Cette règle est très présente dans le Premier Testament, essentiellement le Pentateuque. Ce sont les 6 derniers des 10 Commandements : le respect des parents, l’interdit du crime, de l’adultère, du rapt (c’est à dire de l’esclavage), du mensonge et de la convoitise. Sans le respect de ces commandements une société est difficilement viable. Ce sont aussi certains passages du Lévitique, tel le chapitre 19. On lit aussi dans l’évangile de Saint Mathieu « Ainsi ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux ». A la même époque, à plusieurs milliers de kilomètres de là, Confucius disait exactement la même chose ; les philosophes grecs, comme Platon aussi. Comme l’écrit Benoît XVI, « De multiples et singulières convergences éthiques se trouvent dans toutes les cultures ; elles sont l’expression de la même nature humaine. La sagesse éthique de l’humanité appelle la loi naturelle ». Dans l’encyclique l’Amour dans la Vérité, le pape parle de Vérité naturelle pour, probablement, signifier la même chose.

- L’apport judéo-chrétien. Les 3 évangiles synoptiques rapportent le fameux épisode où un scribe demande à Jésus quel est le plus grand commandement. Celui-ci répond « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton esprit et de toutes tes forces,… et ton prochain de la même façon » ; c’est un seul et même commandement. Jésus insiste donc sur trois caractéristiques de l’être humain : l’amour, la raison, et la volonté d’agir. Il s’agit donc non seulement d’être ému et touché par le malheur de l’autre, mais aussi de l’aider de façon intelligente et réfléchie (l’esprit) et de façon libre et volontaire (de toutes tes forces). Benoît XVI précise bien « L’amour dans la vérité demande avant tout de connaître et de comprendre…Les exigences de l’amour ne contredisent pas celles de la raison ». Inversement, il ne suffit pas de se limiter à la raison ; c’est sans doute ce que veut signifier Luc Ferry dans un récent ouvrage, « La révolution de l’amour », suggérant qu’en privilégiant de façon excessive la raison et les droits (de l’homme) on risque de devenir insensible aux autres. Enfin, « de toutes nos forces », cela peut être compris comme une invitation à demeurer libres : libres des « idéologies simplificatrices », de la tyrannie de l’argent pour l’argent, de la tyrannie de la science (comme si elle expliquait tout), des modes ( comme si tout ce qui est moderne est bon), ou de la Nature (comme si la nature était bonne par définition). C’est le rôle des experts, dans notre monde si complexe, de contribuer à introduire un peu de nuances et de rationalité dans les problèmes d’environnement ; malheureusement il est parfois récusé par certains qui les considèrent soit comme « vendus » aux firmes industrielles, soit comme incapables d’avoir une vue globale des problèmes à résoudre.

- La spécificité chrétienne. Jésus va plus loin ; il nous donne un commandement nouveau : « aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ». Fabrice Hadjadj écrit dans un de ses ouvrages que c’est, en fait, le seul commandement, car il est en quelque sorte contre nature. Aimer ses ennemis, aimer les étrangers, pardonner 77 fois 7 fois, refuser le cycle de la vengeance et de la violence, tout cela n’est pas naturel. L’amour chrétien (agapé) nous invite à la recherche gratuite du bien de l’autre, sans recherche de notre propre intérêt, contrairement à l’amour-éros (Voir l’encyclique « Dieu est Amour »). C’est en référence à cet amour-agapé que Benoît XVI a rédigé les nombreux passages sur la gratuité comme norme éthique. Est-ce réservé aux chrétiens ? Non, bien sûr, puisque l’on trouve des invitations similaires hors du christianisme. A titre d’exemple, ces phrases « L’humanité est la seule espèce à protéger les faibles. La concurrence tire l’humanité vers le bas ; l’altruisme vers le haut. La gratuité, comme comportement enrichit le monde. La rareté est cause de concurrence et de l’économie. L’esprit et la gratuité peuvent vaincre la rareté » (B. Maris, Anti-traité d’économie). L’Esprit souffle où il veut…

- La Doctrine sociale de l’Eglise rassemble la pensée sociale de l’Eglise catholique en matière sociale et économique et nous trace la voie d’une éthique qui peut être adoptée aussi bien par les fidèles que par les « hommes de bonne volonté ». Celle-ci se fixe comme valeurs de base : l’éminente dignité de la personne humaine et la destination universelle des biens. De longs passages peuvent nous éclairer sur l’éthique de notre développement face à la crise environnementale qui vient.

LES QUESTIONS POSEES PAR LA CRISE ENVIRONNEMENTALE


- Il y a d’abord la prise de conscience de la notion de LIMITES dans l’histoire de l’humanité : limite de la démographie, des ressources, de la croissance économique.

- Eviter les simplifications : nous sommes confrontés à des problèmes d’une grande complexité. Les slogans deviennent donc dangereux.

- Il faut à tout prix éviter le catastrophisme et la peur qui ne mèneront à rien.

- Il ne faut pas rêver d’un retour en arrière vers un passé imaginé comme idéal. La Création est en évolution permanente, … même en l’absence de l’homme. Notre planète a connu, par exemple, au moins 5 crises spectaculaires de la biodiversité, avec disparition de 80 à 90% des espèces vivantes. Elles ont permis…l’apparition de l’homme.

- Nécessité de trouver de nouveaux modes de gouvernance : gouvernance mondiale, mais aussi nouvelle démocratie locale pour trouver des consensus nouveaux. Benoît XVI dit que la situation actuelle exige des « solutions neuves ».

- Il devient urgent d’adopter une vision et une solidarité à moyen terme et non plus à court terme. Nos modes de vie actuels peuvent compromettre, en effet, l’avenir des générations futures.

- Il est impossible d’interdire aux autres l’accès au mieux être des riches des pays développés. A l’intérieur des pays et entre pays les différences de niveau de vie devraient être moins prononcées.

- Les grandes questions sont : la démographie (première cause de la crise environnementale), l’agriculture (comment nourrir 3 milliards d’hommes supplémentaires d’ici 40 ans ?), les ressources (gérer l’énergie, mais aussi les métaux, l’eau, les surfaces cultivables…), la biodiversité (faut-il sauver indistinctement toutes les espèces vivantes ? au nom de quoi ?).

CONCLUSIONS
 Comment trouver, entre éthiques différentes et divergentes, un consensus pour un monde nouveau ? Benoît XVI nous rappelle que notre monde change en ce que : 1) se développe une mondialisation des cultures, des échanges et de l’information, 2) la science et la technique vont trop vite (on ne peut plus suivre et juger), 3) les marchés financiers sont devenus les maîtres du monde, 4) le pouvoir des états et du politique risque de régresser.
 Comment concilier des propos aussi différents voire excessifs comme, par exemple, celui-ci « Il y a une guerre des classes ; c’est un fait. Mais c’est ma classe, celle des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner » (Warren Buffet, New York Times du 26 Novembre 2006), avec ce qu’écrit Benoît XVI « Attirée par l’agir technique, la raison risque de se perdre dans l’illusion de la tout puissance. La foi, sans la raison, risque de devenir étrangère à la vie concrète des personnes ».
 Sans doute avons-nous besoin de trouver des consensus nouveaux afin de régler pacifiquement la crise environnementale. Le philosophe Dominique Bourg (« Vers une démocratie écologique : le citoyen, le savant et le politique », 2010, Seuil) suggère d’inventer à tous les niveaux des lieux de consensus associant le citoyen, le savant (l’expert) et le politique.

 

les questions posées :

1. Quels signes pour redonner confiance ?
2. Est-ce l’instinct de survie qui mobilisera notre énergie pour changer ?
3. Je voudrais des éclairages sur votre conception de la crise environnementale
4. « L’état ne peut pas tout : il faut l’aide d’associations » Aujourd’hui j’ai l’impression que beaucoup d’associations font beaucoup de travail de solidarités, beaucoup de retraités donnent beaucoup de temps pour les autres, mais que l’état se désengage de plus en plus et donc … les associations non plus ne peuvent pas tout faire …
5. La crise ne fait-elle pas apparaître que le système capitaliste impose de fait un partage des richesses à l’échelle mondiale entre pays riches et pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, …)
6. Les chrétiens ne doivent-ils pas s’en réjouir, même si cette évolution nous affaiblit et nous remet en cause ?
7. N’est-il pas temps de trouver une alternative à la « religion » du salut par la croissance à tout prix ? Et de réfléchir à ce qui est réellement nécessaire et suffisant aujourd’hui dans « l’avoir » pour libérer le développement de « l’être » ? L’Eglise n’a-t-elle pas le devoir d’éclairer nos sociétés sur nos modes de consommation ?
8. Quels « agir » ? Education de tous, tout le temps ? Rechercher la croissance ? Se financer les investissements différemment ? Financer la solidarité ?
9. Très grave : très jeunes, les enfants sont « évalués ». L’école fonctionne comme un alambic qui distille les meilleurs, les futurs champions de la réussite sociale. Et les autres se découragent. On peut être marginalisé très tôt. Or finalement cela va être très dur pour le futur exclu mais cela va couter très cher pour tous. J’ai peur de cette insistance sur « le chiffre » (même les recteurs doivent faire du chiffre !) C’est l’inverse de la fraternité qui suppose la reconnaissance de la valeur de tout homme quelles que soient ses performances : le Christ n’a pas choisi ses apôtres en fonction de leur valeur intellectuelle, il ne les a pas notés !
10. La tâche est lourde car le niveau de conscience face aux problèmes actuels n’est pas le même pour tout le monde, y compris parmi les chrétiens. Comment faire évoluer les mentalités ?
11. La pratique de la solidarité peut-elle aider à un changement radical et sans violence de la société, ou bien sera-t-elle toujours un pansement sur des plaies sans cesse récurrentes ?
12. Comprendre notre monde, nous nous y employons … Comprendre l’Homme nous aiderait à appréhender le réel au delà des apparences.



 

 

 

Vous pouvez débattre des quatre sous-thèmes sur le forum solidarités37 solidarites37.xooit.fr/index.php

 


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