Visitation à la rue

lundi 14 mai 2018
par  Pôle diocésain de solidarités

Les Tournées de rue spirituelles

A la rencontre des gens de la rue

Projet initié en 2011 par Annick B. et Brigitte B. après la rencontre, à la session de théologie de Nevers, de Sophie F.(aumônerie des gens de la rue de Strasbourg).
Ce projet est inscrit dans des « orientations diocésaines » et porté par la Pôle diocésain de solidarité et la pastorale de la Santé.

Un constat : à Tours, beaucoup de personnes dans la rue, femmes et hommes, isolés ou parfois en groupe. Certains vivent à la rue, d’autres ont des hébergements, un revenu mais vont dans la rue pour retrouver un réseau de connaissances ou copains. Ou pour ne pas rester seuls.
Beaucoup de problèmes de santé, addictions et fragilités psychologiques. Différentes cultures, ethnies ou origines de ces personnes, qui engendrent parfois des conflits, et des rivalités.

Une finalité :
Une intuition : la présence, le soutien relationnel sont aussi importants que l’aide matérielle. Les personnes à la rue sont souvent exclues des relations au sein de la société.
Une intention  : offrir le signe d’une Eglise qui partage blessures et cassures humaines, ainsi que donner chair à la Parole.

Des objectifs  :
-  considérer les personnes rencontrées comme uniques et dignes et importantes.
-  reconnaître ce qu’elles sont et leur parole , leur permettre de re-devenir ce qu’elles sont
-  humaniser leur quotidien par le temps de l’écoute et de la présence
-  signifier que nous croyons en elles et qu’elles sont à la source de notre changement
-  sensibiliser les communautés chrétiennes à se laisser « changer » par l’humanité des frères souffrants et exclus
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Mise en œuvre du projet :
Des démarches en amont :

- s’informer sur des expériences déjà existantes et partager avec les équipes
- communiquer le projet aux établissements qui accueillent, font des maraudes, ainsi qu’aux associations qui portent le souci des personnes à la rue ( aumônerie de l’hôpital par exemple). La mise en relation des différents partenaires est le signe d’une considération intégrale de la personne.
- communiquer le projet aux paroisses
- « recruter » une équipe de visiteurs bénévoles en contactant associations, paroisses,
mouvements…
-  former ces bénévoles :
Formation initiale et obligatoire sur :
la spiritualité de la solidarité,
l’écoute ,
les addictions et la spécificité des personnes à la rue,
le récit et la relecture

Réalisation du projet
Depuis juin 2011, les « visitations à la rue » ont démarré tous les mardis ( sauf les mois d’ août) :
-  visite des bénévoles qui vont marcher ensemble, deux par deux,de14h à 17h , sur un itinéraire, toujours le même, de façon gratuite et sans rien apporter de matériel.
-  Un agenda trimestriel est établi, chacun peut se faire remplacer en cas d’urgence, (actuellement 6 bénévoles, pas toujours les mêmes ensemble, suivant la disponibilité de chacun )
-  au départ de la visitation, court temps de prière des deux visiteurs pour se rendre disponible à la rencontre avec les frères et sœurs de la rue.
-  S’il y a demande, les visiteurs se présentent comme « de l’église catholique » , sinon ils disent « nous venons prendre de vos nouvelles »
-  Ils se nomment par leur prénom et invitent les personnes à donner le leur, dans la liberté de chacun.
-  A la fin de la visitation, temps de relecture
-  Tous les deux mois relecture en équipe (six bénévoles ) avec un accompagnateur spirituel.
-  Après chaque visitation, un récit est écrit et envoyé à une communauté religieuse qui prie pour les personnes citées.
Les personnes rencontrées sont invitées aux temps forts diocésains : repas dans une église le 11 novembre, Noël pour tous le 24 décembre… beaucoup y viennent. Parfois ils donnent des intentions de prière. Il arrive que nous prions avec eux, mais c’est rare.

Relecture après 7 ans de » visitations à la rue »

Freins
Chacun a le « trac » avant de partir. Pas si simple d’aller vers les personnes, d’entrer sur leur territoire. Elles accueillent chez elles . A deux, on s’épaule. On n’a pas la même sensibilité et on va plus facilement vers l’un ou l’autre.
Difficultés d’ « entrer » dans un groupe nombreux avec des chiens, des personnes alcoolisées..
Difficultés de la communication avec parfois un double langage, une double attitude, la violence, l’addiction qui nous renvoient à nos peurs , à nos fragilités.
On se sent démunis quand on ne donne rien, c’est l’expérience du vide ! Dans les situations extrêmes, on fait le lien avec le réseau de services et soins mais on apprend à dire non aux demandes matérielles.
La question que les bénévoles se posent :« est ce que ce qu’ils disent est vrai ? » C’est leur parole du moment, il faut l’accueillir sans jugement, laisser leur liberté de dire ou ne pas dire, parfois rester en silence, être seulement présence bienveillante.
Difficulté d’établir une relation juste et gratuite.

Richesses
Etre en équipe de deux et relire avec les autres équipes est très important, nous découvrons chacun la force que nous donne l’autre.
L’écoute apprend à ouvrir en soi un espace pour l’accueil de l’autre
Joie d’une hospitalité étonnante et des liens crées au fil des années.
Joie d’être accueillis et maintenant « reconnus »( « ce sont les gens du mardi ! »)
Expérience souvent rude mais qui nous transforme, change notre regard et nous apprend la fraternité.
Sentiment d’être des passeurs d’espérance, des passeurs de liens fraternels.

Conclusion  : il faut se livrer à la rencontre, avec une disponibilité totale. Dieu est souvent au cœur de nos dialogues mais ne se dit pas toujours. Ce sont les personnes rencontrées qui nous conduisent « c’est un beau chemin, leurs mots deviennent Parole »

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