la transition énergétique

vendredi 10 février 2017
par  Yves Morel

LA TRANSITION ENERGETIQUE : QUELLE URGENCE ?

Ce 2 février 2017, Bernard LECLERCQ, au nom de l’ensemble des mouvements qui ont organisé l’évènement (CEAS,ACO, ACI, CCFD, CMR, CEP, MCC, EDC) introduit le sujet en déplorant qu’à l’écoute des débats politiques préélectoraux actuels, la réponse à la question « quelle urgence ? » semble être « non prioritaire ! ». Elle était pourtant d’actualité il y a encore quelques mois, lors de la sortie de Laudate Si et de la tenue de la COP 21.
Puis, il introduit l’orateur, Michel LEPETIT qui est un proche de Gaël GIRAUD que le CEAS avait reçu à Tours il y a quatre ans. Michel LEPETIT est président de Global Warning, vice-président du Shift, expert de la chaire académique « Energie et Prospérité », et particulièrement motivé pour convaincre le monde de la banque, où il a longtemps travaillé, de financer la transition énergétique.

1 – Une sensibilisation à la transition, réelle mais trop lente vue l’urgence
L’ouvrage « Energy of the Future » de Palmer Putman date de 1953, le rapport Meadows sur les limites de la croissance de 1972, le rapport Stern de 2006, la conférence de Rio de 1992. Mais Il a fallu attendre 2016, pour que le monde financier ouvre les yeux et soit obligé de déclarer son risque climat à partir de 2017.
Entre 1750 et 1970, les émissions totalisent 900 milliards de tonnes de CO2 et le phénomène s’accélère puisqu’entre 1750 et 2011 le cumul passe à 2.000 milliards de tonnes. La Chine a pris le relai de l’Occident et le phénomène devient exponentiel. Déjà le pH des océans est modifié. Or, il faut garder à l’esprit que l’effet des mesures prises ne sera pas immédiat vue la durée de vie du CO2.

2 – L’énergie : des enjeux plus importants qu’il n’y parait
L’énergie ne compte que pour 7 % du PIB mondial. Mais son poids est en fait plus important car sans énergie pas d’engrais ni de ciment, pas de transport routier ni aérien, pas de chauffage ni d’internet, etc.
D’ailleurs, financièrement les enjeux sont très importants. On dépense chaque année plusieurs centaines de millions de dollars pour trouver du pétrole (sans pour autant découvrir de nouvelles poches significatives). L’exploration compte pour 20 % de tous les investissements à l’échelle mondiale. Autre exemple : le géant pétrolier Aramco, que l’Arabie saoudite envisage de vendre, est valorisé en bourse à 3.000 milliards de dollars !

3– Les pistes de solution : le manifeste du Shift
Pour l’orateur, il s’agit de trouver une relance compatible avec la transition, c’est-à-dire améliorer l’efficacité énergétique tout en créant des emplois. C’est justement l’idée du Manifeste du Shift.
L’objectif du Manifeste est de décarboner l’Europe. Il repose sur 9 propositions concrètes. Par exemple : Fermer les centrales au charbon ; Réussir la révolution des transports en ville ; Tripler le réseau des TGV ; Lancer le grand chantier de rénovation des bâtiments publics ; Réussir le passage à l’agriculture durable.
L’intérêt de la rénovation des bâtiments publics c’est qu’il n’y a pas d’effet rebond. L’effet rebond que l’on rencontre, par exemple, au niveau de la mobilité des personnes : les voitures et les avions consomment moins au kilomètre mais nous utilisons les économies ainsi réalisées grâce à la technologie pour voyager plus souvent et plus loin, et du coup la consommation totale ne baisse pas.

4 – Laudate Si : une critique de l’anthropomorphisme et une invitation à la frugalité
L’orateur note au passage que l’Eglise pourrait s’inspirer du Manifeste pour se lancer dans un programme de rénovation de son parc de bâtiments.
Puis il remonte très loin ; à l’Ancien Testament et plus précisément à Nabuchodonosor. « Il nous a donné la seigneurie. Mais chacun de nous lui fait la guerre » (Daniel III). Il évoque ensuite St-François d’Assise (Louange de la Création) et rappelle que le Pape actuel a pris le nom de François parce que François est le saint des écologistes.
Dans Laudate Si, le Pape François critique le progrès et notamment les positivistes, pour qui l’Homme a la maîtrise de la Terre sans limites. Laudate Si, c’est aussi une invitation à la frugalité, mais Michel Lepetit ajoute : la veut-on ou bien allons-nous la subir ?

5 – Echanges avec la salle
De multiples questions ont été posées à la fin de son exposé. A titre d’exemples : Pourquoi n’avez-vous pas évoqué le scénario Négawatt ? Si on ne veut pas aller dans le mur, ne devons-nous pas consommer moins ?
En réponse, l’orateur a insisté sur la nécessité de trouver des financements européens pour fermer les centrales au charbon en Allemagne et en Pologne. Il a aussi appelé à une prise de conscience plus rapide sinon la décroissance restera un tabou car associée à la misère et à la récession.

Compte-rendu et photo : Jean-Marie Beauvais pour le CEAS, Tours le 4 février 2017
Légende photo : Michel LEPETIT, Président de Global Warning, au Carmel de Tours, le 2 février 2017.


Commentaires

Agenda

<<

2017

 

<<

Octobre

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
2526272829301
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
303112345
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois